Le 19 octobre 2025 restera gravé dans la mémoire collective des Marocains. Ce jour-là, au stade Julio Martínez Prádanos de Santiago, le Maroc a écrit l’une des plus belles pages de son histoire footballistique en devenant champion du monde U20, après une victoire limpide (2-0) contre l’Argentine. Mais derrière ce triomphe se cache bien plus qu’un simple exploit sportif.Il est l’aboutissement d’un projet national ambitieux, structuré et visionnaire, incarné par l’Académie Mohammed VI de football.
Un parcours de champion, une leçon au monde

De la phase de poules jusqu’à la finale, les Lionceaux de l’Atlas ont ébloui le tournoi par leur maîtrise, leur discipline et leur audace. Ils ont battu, tour à tour, des géants du football mondial à savoir,l’Espagne, le Brésil, la Corée du Sud, les États-Unis, la France, puis enfin l’Argentine. Tous ces pays, réputés pour leurs infrastructures et centres de formation parmi les plus performants au monde, ont été dominés par une équipe formée au Maroc, sur les pelouses de Salé, dans le sillage de l’Académie Mohammed VI.
En phase de groupes, les victoires face à l’Espagne (2-0) et au Brésil (2-1) ont rapidement installé le Maroc comme un prétendant sérieux. Même la courte défaite face au Mexique n’a pas freiné l’élan d’un groupe soudé et déterminé. En huitième, les Lionceaux renversent la Corée (2-1), avant d’offrir un récital face aux États-Unis en quart (3-1), puis de faire preuve de caractère et de sang-froid pour éliminer la France aux tirs au but (1-1, 5-4 tab).

Et en finale, dans un duel tant attendu face à l’Argentine, c’est un nom qui a brillé de mille feux. Il s’agit de Yassir Zabiri, auteur d’un doublé sublime, et meilleur buteur du tournoi avec cinq réalisations. Symbole d’un football marocain confiant, formé au pays et prêt à conquérir le monde.
L’Académie Mohammed VI, pilier d’une révolution
Derrière cette réussite, une vraie institution qu’est l’Académie Mohammed VI de football, véritable laboratoire d’excellence, inaugurée en 2009 sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. C’est là que s’est forgée la majorité de cette génération dorée. Ce centre de formation, devenu modèle en Afrique et salué à l’international, incarne une vision claire celle de bâtir un football marocain autonome, compétitif, et enraciné dans ses valeurs.
Le sélectionneur national, Mohamed Ouahbi, le rappelait avec émotion après la finale « Ce n’est pas seulement une victoire sportive. C’est une récompense pour tout un système, pour un pays qui a cru en sa jeunesse, qui a investi dans sa formation, et qui récolte aujourd’hui les fruits de ce travail acharné. »
Une stratégie nationale récompensée

Ce sacre mondial ne vient pas seul. Il s’inscrit dans une dynamique impressionnante , une demi-finale historique à la Coupe du monde 2022 au Qatar, titre continental en U23, qualifications et belles performances des U17 et des sélections féminines.Autant de succès qui portent une même signature ,celle d’un Maroc qui investit dans l’avenir, dans l’éducation sportive et dans ses talents locaux.
Le modèle marocain repose sur des fondations solides ,citons les infrastructures modernes,le repérage précoce, la formation holistique, et l’ encadrement professionnel. Plus qu’un projet sportif, c’est un projet de société. Une vision royale qui vise à faire du football un levier de rayonnement, d’émancipation, et de développement pour la jeunesse marocaine.
Une victoire pour l’histoire, un cap pour l’avenir
Ce titre de champion du monde U20 est bien plus qu’un trophée. Il est la preuve que le rêve est désormais accessible, que l’excellence n’est pas réservée à une élite géographique, et que le Maroc a sa place parmi les grandes nations du football. Des terrains de Salé aux stades de Santiago, les Lionceaux ont prouvé que la fierté nationale pouvait s’exprimer avec un ballon, du talent, et une vision.
Alors que les projecteurs s’éteignent sur le Chili, une lumière nouvelle s’allume pour l’avenir du football marocain. Et dans cette lumière, on distingue clairement les couleurs d’un drapeau, les visages rayonnants d’une jeunesse ambitieuse, et l’empreinte indélébile d’un Roi qui, depuis plus de quinze ans, a su croire en elle.
Hugues Zinsou Zounon