76 voix sur 79 : un plébiscite qui place le nouveau président face à une immense responsabilité
Le football béninois a officiellement changé de page. Réunie ce mardi 25 août 2026 à Missérété, l’Assemblée Générale élective de la Fédération Béninoise de Football (FBF) a porté Marcellin Bocovè à la présidence du Comité Exécutif pour le mandat 2026-2030.
Seul candidat à la tête de la liste de consensus « Ensemble, visons plus haut », le nouveau patron de la FBF a obtenu 76 voix sur 79 suffrages exprimés, contre une voix et deux abstentions. Un score qui dépasse la simple victoire électorale : il traduit une volonté largement partagée de tourner la page des divisions et d’engager le football béninois sur une nouvelle dynamique.

Une passation symbolique après huit années
Cette élection marque également la fin de huit années de présidence de Mathurin de Chacus. Arrivé à la tête de la FBF en 2018, le président sortant a passé le témoin dans une atmosphère particulièrement émouvante.
Après deux mandats, il quitte la scène fédérale avec les hommages des délégués des clubs et des représentants des instances internationales présents à cette importante échéance. Une page se tourne, une autre s’ouvre.
Et pour assurer cette transition, la FBF a choisi un homme qui connaît parfaitement les rouages de l’institution.

Un homme du sérail aux commandes
Membre du Comité Exécutif de la FBF depuis 2018, Marcellin Bocovè dispose également d’une expérience dans les instances internationales du football. Son parcours professionnel constitue un autre atout.
Ingénieur en génie civil, titulaire d’un DESS en gestion des transports, il occupe depuis plusieurs années le poste de Directeur Général Adjoint de l’AGETUR, où il intervient sur des projets d’envergure soutenus par des partenaires et bailleurs internationaux.
Gestion, planification, négociation et conduite de projets complexes : le nouveau président entend désormais mettre cette expérience au service du développement du football béninois.
« Ce n’est pas un chèque en blanc »
Quelques heures après son élection, sur la télévision nationale, Marcellin Bocovè a affiché un discours empreint de sobriété.
Le plébiscite obtenu ne doit pas, selon lui, être interprété comme un blanc-seing. Il représente plutôt une responsabilité supplémentaire envers les clubs, les joueurs, les entraîneurs, les supporters et l’ensemble de la communauté sportive.
Le nouveau président a également insisté sur l’importance du soutien des pouvoirs publics, notamment dans les domaines des infrastructures et de l’accompagnement financier du football.

Relancer, restructurer, former
Pour sa première mission à la tête de la FBF, le nouveau Comité Exécutif devra rapidement passer du discours à l’action.
Trois grands chantiers apparaissent déjà comme prioritaires : la relance des compétitions nationales, la réorganisation de l’administration fédérale et la restructuration des centres de formation.
La nouvelle équipe souhaite notamment redonner toute leur opérationnalité aux centres de Djèrègbé, Missérété et Lokossa, considérés comme des maillons essentiels dans la formation de la relève.
L’objectif est clair : mieux détecter, mieux former et mieux accompagner les jeunes talents béninois.
La formation au cœur de la stratégie
Car pour Marcellin Bocovè, le développement du football béninois ne pourra pas reposer uniquement sur les résultats immédiats des sélections nationales.
Le véritable pari consiste à construire une base solide. Cela passe par une détection précoce des talents, une formation sportive de qualité, mais aussi un accompagnement académique et humain des jeunes footballeurs.
L’ambition est de faire émerger une nouvelle génération capable d’alimenter durablement les Guépards et les Amazones et de permettre au Bénin de franchir un nouveau cap sur la scène africaine.

Le défi est désormais lancé
Avec 76 voix sur 79, Marcellin Bocovè dispose d’une légitimité électorale forte. Mais le plus difficile commence maintenant.
Le nouveau président devra transformer l’union née autour de sa candidature en résultats concrets : des compétitions mieux organisées, une administration plus performante, des clubs mieux structurés, des centres de formation opérationnels et surtout des sélections nationales capables de s’installer durablement parmi les meilleures d’Afrique.
Après avoir consacré une partie de sa carrière à bâtir des infrastructures, Marcellin Bocovè s’attaque désormais à un autre chantier : bâtir un football béninois plus structuré, plus ambitieux et plus conquérant.
Le mandat 2026-2030 est lancé. Le terrain attend désormais les actes.
Fréjus FIOSSI