Le football féminin au Bénin est en pleine mutation depuis quelques années. Les actions se multiplient, ainsi que les initiatives. Du 23 juin au 3 juillet 2025, les sélections nationales U-20 et A dames, ont effectué un stage de préparation de haut niveau à Rabat, au Maroc.
Ce regroupement, ponctué de rencontres amicales face à des nations majeures du continent, témoigne de la volonté affichée des autorités béninoises de faire franchir un cap à leurs équipes féminines.
Des adversaires de prestige pour jauger le potentiel
Le choix des sparring-partners n’avait rien d’anodin. Face au Maroc (3è en Afrique, 60è mondial), au Ghana (6è africain, 66è mondial) et à l’Afrique du Sud, championne d’Afrique en titre (2è en Afrique, 54è mondiale), les Amazones se sont mesurées à ce qui se fait de mieux sur la scène continentale. Objectif: sortir de leur zone de confort et évaluer le niveau réel du football féminin béninois à l’aune des standards africains.
Les U-20 béninoises ont ainsi disputé deux matchs contre les Lionnes de l’Atlas (défaites 4-2 et 3-2), démontrant une capacité offensive réjouissante malgré des erreurs défensives persistantes. L’équipe A a pour sa part affronté successivement le Ghana (défaite 4-2) puis l’Afrique du Sud, contre qui elle s’est inclinée 2-0 dans un match maîtrisé par les Sud-Africaines.
Une philosophie de jeu assumée et des individualités qui émergent
Ce stage a permis au staff technique d’observer les joueuses dans un contexte de haute intensité et de peaufiner les automatismes collectifs. Si les deux sélections ont affiché une volonté claire de produire du jeu et de se projeter rapidement vers l’avant, l’efficacité défensive reste un chantier en cours. Les Amazones ont en effet encaissé des buts lors de chacun de leurs matchs.
Certaines individualités ont particulièrement brillé. Romaine Gandonou chez les U-20 et Aude Gbedjissi chez les A se sont distinguées par leur régularité, leur impact offensif et leur leadership sur le terrain. Deux joueuses prometteuses, symboles d’une génération portée par une ambition nouvelle.
Une vision claire et soutenue
À travers cette préparation d’envergure, le Ministère des sports et la Fédération Béninoise de Football montrent qu’ils ne ménagent aucun effort pour hisser ses sélections féminines à un niveau compétitif. Le choix du Maroc, véritable hub du football africain, traduit une stratégie claire, confronter les joueuses aux meilleures structures et les immerger dans des environnements professionnels.
Le Bénin, actuellement 27è nation africaine et 146è au classement mondial, prépare deux échéances majeures :
En septembre, les U20 affronteront la Guinée (25è en Afrique, 143è mondial) lors du deuxième tour des éliminatoires de la Coupe du monde U-20 féminine – Pologne 2026;
En octobre, les seniors défieront le Nigéria, première nation africaine et 36è mondiale, pour une place qualificative à la CAN Féminine 2026.
Une dynamique à encourager
Avec cette préparation ambitieuse, le Bénin montre qu’il prend désormais le football féminin au sérieux. L’initiative s’inscrit dans une vision globale portée par les autorités, qui font de la détection, de la formation et de la compétitivité internationale les piliers du développement sportif.
Ce stage à Rabat n’est pas une fin en soi, mais bien une étape vers un futur où les Amazones ne seront plus de simples outsiders, mais des actrices majeures du football féminin continental. Ce stage de Rabat aura aussi permis d’afficher davantage certaines certitudes. C’est le cas par exemple de la jeune joueuse, Romaine GANDONOU, auteure à elle seule de 4 buts sur les 2 rencontres des Amazones U-20.
En somme, le Bénin est sur la bonne voie et les années à venir nous édifieront davantage.
Roméo AKLOZO / Photos : Fréjus Fiossi