Coup de tonnerre dans le milieu du noble art au Bénin. Le Secrétaire général de la Fédération béninoise de boxe (FBB) a été placé en détention provisoire, jeudi 7 août 2025, après sa présentation au procureur de la République. Motif : une affaire rocambolesque de voyage frauduleux vers la France impliquant des personnes totalement étrangères au monde de la boxe.
Le scénario
Selon les révélations de L’Investigateur, tout part d’un compatriote résidant en France qui, grâce à une structure sportive locale, décroche 20 bourses destinées officiellement à la Fédération togolaise de boxe (FTB). C’est là qu’entre en scène le numéro deux du ring béninois : il aurait négocié pour obtenir 7 places… mais pas pour y envoyer des boxeurs. L’idée ? Faire voyager des citoyens ordinaires, prêts à payer cash, en quête d’un visa pour l’Hexagone.
Veto présidentiel contourné
Le président de la FBB, Pierre Hinvi, mis au parfum, s’oppose fermement à cette manœuvre. Mais son secrétaire général prend les commandes, boucle les papiers… et, selon les enquêteurs, imite carrément la signature de son président. Problème : le cachet officiel de la FBB avait changé, à l’insu du mis en cause. Résultat : la supercherie est détectée au consulat de France, qui transmet le dossier à la brigade de recherches.
Enquête et aveux indirects
Convoqué, Pierre Hinvi nie toute organisation de voyage pour ses boxeurs. Face aux documents falsifiés, les policiers constatent que ni la signature ni le cachet ne sont authentiques. L’affaire remonte alors à une pratique ancienne dans le milieu : utiliser le sport comme prétexte pour exporter de faux « athlètes ».
Des précédents bien connus
Sous l’ère du colonel Espérant Noutaïs, feu président de la FBB, cette combine avait déjà été tentée… et stoppée net. Mais la filière s’était alors déplacée vers le Togo, puis vers d’autres destinations comme le Japon. En 2024, un groupe d’« apprentis boxeurs » y avait été envoyé ; certains avaient été rapatriés manu militari, faute d’emploi ou de titre de séjour valable.
Cap sur le tribunal
Le Secrétaire général incriminé attend désormais son procès, fixé au 12 août prochain devant le tribunal de première instance de Cotonou. En attendant, il médite sur cette « mauvaise combinaison » derrière les barreaux.
La Rédaction
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